Arbre généalogique illustré

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  Frolois - Notice de la Lorraine

par Dom Augustin Calmet

(1672-1757)

 

ACRAIN. — Acraigne ou Acrain, Acrania, village sur la Moselle, ayant titre de comté, à trois lieues de Nancy, entre le Madon et la Moselle, a été érigé en comté, et a pris le nom de Guise, en faveur du prince Joseph de Lorraine, comte d’Harcourt, par patentes du 19 janvier 1718, données par le duc Léopold.

Il est parlé d'Acrain sous le nom d’Agrea, dans un titre de confirmation des biens du prieuré de Flavigni, en 1213.

            « Dederunt quoque Navem et Piscatorem in agréa plenariè »

            M. le prince de Guise a fait réparer le château d'Acraigne, et y a fait des embellissemens.

            M. le comte de Ludre tient actuellement cette terre.

            La paroisse de ce lieu à pour patron St. Martin. Le chapitre de la primatiale, ci-devant celui de St. George de Nancy, apparemment à cause du prieuré de Saint Thiébaut, qui est uni à ce chapitre,  nomme à la cure, et est décimateur pour un tiers dans les grosses et menues dimes, chargé de la pension du curé ; un autre tiers de la dime appartient au titulaire de la haute chapelle de Puligny, et l'autre tiers se partage entre le seigneur du lieu, et les dames précheresses de Nancy. La seigneurie a été possédée longtemps par la maison d'Haraucourt. Elle la possédait encore en 1625. Elle passa ensuite dans celle de Bissy.

            Dans la paroisse, se voit la chapelle de l’Annonciation, fondée par Claudin Notaire, et Marguerite sa femme. Patrons, les descendans desdits fondateurs.

            Acraigne est communément nommé dans les anciens titres Acregnes  (Archives de Lorr., Lay., coll. Chaligny) Vichard d'Acregnes, écuyer, et Jeanne sa femme, déclarent avoir engagé à noble seigneur Henri comte de Vaudémont, et à Isabelle sa femme, la quatrième partie du pontenage du pont Saint Vincent, sauf le droit qui peut échoir de la dame Béatrix, mère dudit Vichard, après son décès, pour une somme de trente livres de bons toulois. Ledit Vichard s'engage en outre, de desservir le fief et hommage de ladite engagère envers ledit comte, de même que s'il tenait ledit héritage. L'acte est du mercredi après les octaves de là Trinité 1314.

            Perrin de Haraucourt, seigneur de Chambly, Magnières, Bayon, Gremilly et Létricourt en partie, baillif de Hatton-Chatel, fit ses reprises en 1568, de ce qui lui appartenait à cause de sa femme Eve de Lucy, au village d’Acregnes, à elle échu par le trépas de Vary de Lucy, sieur de Dombasle. Ces lettres sont scellées du sceau de Louis de Lucy.

            En 1573, le 7 septembre, Jean de Beaufort, seigneur de Puligny et Ceintrey, et en partie d’Acraigne, grand veneur de Lorraine et Barrois, reconnaît tenir du duc de Lorraine une partie de la seigneurie d'Acraigne (Ibidem. Layette, Foug, etc.). Le 15 décembre même année, Henri de Joinville, écuyer, donne son dénombrement pour la portion du fief qu'il possède audit Acraigne, en 1572. Jean Berman, demeurant à Saint-Nicolas-de-Port, reprend la moitié de la seigneurie appelée Boulac, au lieu d’Acraignes, partageant avec Jean de Beaufort, à lui échue par la mort de Jacques du Bourg son beau-père, et par donation à lui faite, par dame Béatrix du Bourg sa femme.

            Nicolas de Neuflotte, fait ses reprises le 25 octobre 1576, de la portion de seigneurie qu'il tient à Acraigne, dite la seigneurie de Bassompierre, partageable avec les seigneurs de Bassompierre et de Haraucourt, laquelle portion il avait acquise de, Valentin de Lundre, seigneur de Morthon.

            En 1612, Alexandre d'Aurillot, écuyer, rend ses foi  et hommage au nom de Claude Berman sa femme, pour la part qu'il tient en la seigneurie d'Acraigne.

            La même année, le 18 mai, Philippe Otho, comte sauvage du Rhin et de Salm, baron de Fénétrange, donne son dénombrement au nom et comme administrateur de l'hoirie et succession universelle de Frédéric aussi comte sauvage du Rhin et de Salm, de tout ce qu'il a au ban et finage d’Acraigne, tant de la seigneurie dite ancienne, que d'une autre dite de Boulac et de Passagard, nuement à lui appartenantes , qui sont les deux sixièmes en la totalité des seigneuries dudit Acraigne, et d'une autre appelée Passagard , encore à lui appartenante , pour les trois quarts indivis , avec l'autre quart  appartenant à M. le marquis d'Avrey, qui fait aussi le sixième en la totalité desdites seigneuries mouvantes en fief des château et chatellenie de Foug.

            En 1625, le 3 juillet , autre dénombrement donné par Elisée de Haraucourt, baron de Faulquemont, seigneur d'Acraigne , etc., à Charles et Nicole, duc et duchesse de Lorraine : pour la seigneurie d’Acraigne. Autre, de Charles de Haraucourt marquis de Faulquemont, baron de Lorquin, donné en 1661, de la même seigneurie.