Etienne Dominique OLRY, 18291885 (aged 55 years)

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Name
Etienne Dominique /OLRY/
Given names
Etienne Dominique
Surname
OLRY
Birth December 27, 1829 26 25
Roi des Français
Louis-Philippe Ier
August 9, 1830 (aged 7 months)

Note: dernier roi de France
Death of a paternal grandfatherJean Nicolas OLRY
August 1, 1833 (aged 3 years)
Régime politique
Gouvernement Provisoire de 1848
February 25, 1848 (aged 18 years)

Régime politique
IIe République
November 4, 1848 (aged 18 years)

1er président de la République Française
Louis-Napoléon Bonaparte
December 10, 1848 (aged 18 years)

Occupation
Instituteur
from 1851 to 1885 (0 after death)

Note: Un instituteur lorrain atypique, un homme féru de pédagogie et un érudit local très prolifique des s…

Un instituteur lorrain atypique, un homme féru de pédagogie et un érudit local très prolifique des sociétés savantes lorraines du xixe siècle. Il est à l’origine de nombreux travaux artistiques, littéraires, archéologiques, géographiques et historiques, portant sur la région Lorraine.

Étienne Dominique Olry est aussi l'oncle de Jean Peltre, géographe et membre de l'Académie de Stanislas, et le grand-oncle de Christine Peltre, historienne de l'art contemporain, spécialiste de la peinture orientaliste, et directrice de l'Institut d'histoire de l'art de Strasbourg.

Empereur des Français
Napoléon III
December 4, 1852 (aged 22 years)

MarriageMarie Thérèse Amélie THOUVENINView this family
August 4, 1853 (aged 23 years)
Birth of a daughterMarie Thérèse Camille OLRY
June 7, 1854 (aged 24 years)
Birth of a sonVictor Eugène OLRY
May 16, 1855 (aged 25 years)
Death of a fatherJean Nicolas François OLRY
September 20, 1855 (aged 25 years)
Birth of a daughterMarie Laurence OLRY
July 12, 1856 (aged 26 years)
Guerre
Guerre franco-allemande
from July 19, 1870 to January 29, 1871 (aged 41 years)

Note: https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_franco-allemande_de_1870
Régime politique
IIIe République
September 4, 1870 (aged 40 years)

2ème président de la République Française
Adolphe Thiers
August 31, 1871 (aged 41 years)

3ème président de la République Française
Patrice de Mac-Mahon
May 24, 1873 (aged 43 years)

Marriage of a childThéophile Auguste MOUDINMarie Laurence OLRYView this family
April 11, 1877 (aged 47 years)
Death of a motherAnne Brigitte REMY
1877 (aged 47 years)

4ème président de la République Française
Jules Grévy
January 30, 1879 (aged 49 years)

Burial of a fatherJean Nicolas François OLRY

Burial of a motherAnne Brigitte REMY

Death December 10, 1885 (aged 55 years)
Burial
Family with parents
father
18031855
Birth: March 5, 1803 (Ventose 14, XI) 37 28Colombey-les-Belles (54)
Occupation: Instituteur
Death: September 20, 1855Allain (54)
Burial: Allain (54)
mother
18041877
Birth: January 26, 1804 (Pluviose 5, XII)Allain (54)
Death: 1877
Burial: Allain (54)
Marriage MarriageOctober 24, 1826Allain (54), Meurthe-et-Moselle, Grand Est, FRANCE
3 years
himself
05_Portraits/Portraits 1/OLRY Etienne.jpg
18291885
Birth: December 27, 1829 26 25Allain (54)
Occupation: Instituteurfrom 1851 to 1885
Death: December 10, 1885Allain (54)
Burial: Allain (54)
Family with Marie Thérèse Amélie THOUVENIN
himself
05_Portraits/Portraits 1/OLRY Etienne.jpg
18291885
Birth: December 27, 1829 26 25Allain (54)
Occupation: Instituteurfrom 1851 to 1885
Death: December 10, 1885Allain (54)
Burial: Allain (54)
wife
18341912
Birth: August 20, 1834 22 22Allain (54)
Death: 1912Allain (54)
Burial: Allain (54)
Marriage MarriageAugust 4, 1853Allain (54), Meurthe-et-Moselle, Grand Est, FRANCE
10 months
daughter
11 months
son
14 months
daughter
Occupation

Un instituteur lorrain atypique, un homme féru de pédagogie et un érudit local très prolifique des sociétés savantes lorraines du xixe siècle. Il est à l’origine de nombreux travaux artistiques, littéraires, archéologiques, géographiques et historiques, portant sur la région Lorraine.

Étienne Dominique Olry est aussi l'oncle de Jean Peltre, géographe et membre de l'Académie de Stanislas, et le grand-oncle de Christine Peltre, historienne de l'art contemporain, spécialiste de la peinture orientaliste, et directrice de l'Institut d'histoire de l'art de Strasbourg.

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L’invasion allemande de 1870, à Allain

Lundi 8 août. — C’est le matin de ce jour, par le Journal officiel, que l’on apprend les revers éprouvés par nos troupes près de Sarreguemines et à Reichshoffen, tandis que la veille on nous signalait les victoires les plus étonnantes.

Je partis le même jour pour Nancy, afin de ramener l’aînée de mes filles qui y était en pension. Là, j’eus des détails sur nos revers et le lendemain matin, je vis à la gare, des blessés qui arrivaient du champ de bataille.

J’appris ensuite cette nouvelle étrange, erronée, répandue par on ne sait qui, mais qui jeta la panique dans le pays, à savoir que les Allemands prenaient la population masculine valide, et la faisaient marcher devant leurs bataillons pour s’en servir comme bouclier.

De retour à Allain, sur le soir, je communiquai les nouvelles que j’avais rapportées. La nouvelle de la prétendue conduite des Allemands causa quelque émotion : cela se comprend.

Mercredi 10 août. — Dans la soirée de ce jour, arrivent, en effet, du pays de Fénétrange et de de Dieuze, ballot sur l’épaule, les groupes de fuyards ; les uns s’arrêtent, les autres poursuivent vers Neufchâteau.

Dans la même soirée, une panique a lieu ici : un groupe de cavaliers, marchant sur deux rangs, à l’uniforme inconnu, descend la Côte de la Chapelle. On crie : Voici les Prussiens…

La petite troupe arrive paisiblement. On reconnaît le haras de Rosières que le Gouvernement expédie sur la Normandie ou la Bretagne, pour soustraire ses chevaux de prix à la rapacité des Allemands.

Jeudi 11 août. — Dès le matin, par une pluie battante (il avait plu toute la nuit), arrive un officier français du service de l’Intendance qui vient réquisitionner des subsistances pour une partie de l’armée de Mac-Mahon qui vient loger à Colombey. Mais vers trois heures du soir, lorsque déjà les vivres sont expédiés, nous arrive un gros détachement fort de 9 batteries d’artillerie (les débris des batteries, les plus éprouvées à Reichshoffen) formant un effectif d’environ 900 chevaux et 600 hommes, plusieurs de ces batteries étaient décimées.

Elles doivent camper auprès du village ; mais la pitié que nous inspire ces hommes trempés jusqu’aux os, nous porte à leur offrir le logement chez les habitants ; la proposition est acceptée avec reconnaissance. Les cuirassiers légendaires échappés au désastre de Reichshoffen campent, eux, dans la prairie de Colombey. Notre détachement séjourne jusqu’au samedi matin ; le colonel faisant fonction de général, commandant cette artillerie, loge chez moi.

Mais pendant la nuit du vendredi au samedi, alors que les patrouilles françaises traversent au galop notre plaine, nous arrivent des avis que les Prussiens occupent Nancy et Frouard ; on dit même qu’il en a déjà paru devant Toul.

Samedi 13 août. — L’armée de Mac-Mahon, qui devait prendre la route de Vannes et de Blénod, se dirige sur Neufchâteau pour aller se reformer à Châlons.

Les fêtes de l’Assomption se passent ; depuis le 13, les portes de Toul étaient fermées et il s’était déjà produit des escarmouches devant cette ville. On nous signalait les éclaireurs de l’ennemi à Pont-Saint-Vincent.

Mardi 16 août. — C’est le mardi à 11 heures et demie qu’arrivent, par la route de Nancy, trois uhlans, tandis que Colombey était envahi depuis une demi-heure par la cavalerie arrivée par la route de Crépey. Bientôt de nombreuses colonnes se forment au Bourdon pour se diriger sur Crézilles par divers chemins, sur Bagneux et sur Colombey. C’est alors que commencent nos misères, les réquisitions pour fournitures de vivres et les logements ; il faut nourrir les soldats et les chevaux qu’on a à loger.

Le soir, le village est occupé ; les maisons sont remplies d’hommes et de chevaux. En ce moment se livrait la bataille célèbre de Gravelotte.

Mercredi 17 août. — Passages continuels de troupes suivies de convois formés de voitures réquisitionnées en Alsace et à Nancy. Le soir un de ces convois s’installe dans les prés (dans le clos Bary notamment qui en est tout couvert). On réquisitionne des denrées que nous ne pouvons fournir, notamment du café et du riz ; le Maire est emmené à Colombey, menacé d’être expédié en Prusse, s’il ne fournit pas ce qui lui est demandé. Il trouve les denrées réquisitionnées à Colombey, chez MM. Châtin et Rouyer ; on le relâche, mais cette espèce d’arrestation l’impressionne fortement.

Au début de l’invasion de notre village, presque toute la population masculine valide s’était enfuie.

Les uns s’étaient dirigés sur Mont-l’Etroit ; le plus grand nombre s’était enfui dans la forêt et établi en trois camps, deux dans la coupe n° 3, un troisième dans le vallon Courbervie, entre les bois d’Ochey et ceux d’Allain.

Jeudi 18 août. — Dès le matin, le maire va en réquisition du côté de Favières, je reste pour faire face aux réquisitions. De nombreuses et profondes colonnes d’infanterie arrivent bientôt, elles passent sans interruption en rangs serrés sur 8 hommes de front.

De midi à 2 heures, le village se remplit de troupes, des camps s’installent aux abords du village. Le général Kirchbach commandant le 5ème corps, si fort éprouvé à Reichshoffen, loge chez M. l’abbé Grand’eury. Pendant ce temps-là se livrait la bataille de Saint-Privat. Réquisitions de vivres pour les camps.

Vendredi 19 août.Pillage. — Les camps se lèvent, les troupes logées partent ; mais bientôt arrivent de nouvelles colonnes d’infanterie, de cavalerie, d’artillerie qui se succèdent sans interruption. Une première réquisition nous arrive vers 10 heures et demie par un capitaine qui me montre l’ordre en me faisant remarquer le nom d’Allain; mais il manque un point sur l’i, et j’en prends prétexte pour tâcher de nous débarrasser de la réquisition et de l’officier, en disant que cette réquisition s’adresse à Allamps et non à Allain.

L’officier allemand veut un guide et exige que je l’accompagne. Nous voilà partis à travers champs, car les routes étaient trop encombrées. En chemin, l’ennui que me causait cette mission, la triste situation du pays, le voisinage de cet Allemand qui me forçait à marcher à ses côtés, me portaient à marcher tête baissée. Mais à un moment donné, à mes pieds je remarque un fossile, je le ramasse. « — Pourquoi ramassez-fous cela ? me demanda-t-il aussitôt avec un ton de mauvaise humeur, dans son rude accent tudesque ? — Voyez, c’est un fossile. Est-ce que fous connaissez la chéolochie ? — J’en ai quelques notions surtout en ce qui concerne la région. Là-dessus, sur la demande de mon interlocuteur, je donne quelques notions sommaires de l’oolithe inférieure, de l’oolithe moyenne, et… Eh pien, que troufez-fous encore ? me dit-il d’un ton très adouci. — Un silex provenant des premières colonies qui habitèrent ce pays. —Fous connaissez aussi l’archéolochie ? —A peu près comme la géologie. » Chemin faisant, je lui signale, entre autres curiosités de cet ordre, la voie romaine de Langres à Trêves, que nous traversions en ce moment et, un peu plus loin, les ruines d’une métairie gallo-romaine.

Quelques moments après il m’interpelle de nouveau et me dit : — Fotre famille doit être en peine de vous. — Je le crains ; je n’ai pas eu le temps de la prévenir de mon départ. — Eh ! pien, nous allons passer dans ce village (il me montre Barisey-la-Côte) et che fous ferai relever ; un autre guide me conduira à Allamps.

A mon retour et arrivé sur la hauteur, entre Bagneux et Allain, un triste spectacle se présente à mes yeux : cinq camps sont installés autour du village ; c’est une vraie nuée d’Allemands qui s’est abattue sur ce village qui, lui-même, en est encore tout rempli, car certaines maisons en abritent 50, 60, 80 et jusqu’à 100. Le long du chemin quantité de bouteilles vides sont jetées dans les fossés. Lorsque j’arrive, j’apprends que, pendant mon absence, le village a été pillé, que notre cave a subi le sort de plusieurs autres et que les bouteilles jetées le long du chemin sont les miennes… 300 bouteilles de la récolte de 1865 et d’autre vin en fût des récoltes postérieures nous avaient été enlevées.

Voici ce qui s’était passé : aussitôt mon départ, une nouvelle réquisition est faite chez le maire. Celui-ci conduit l’officier chez lui, lui livre cave et grenier à discrétion et, pendant qu’on enlève le vin, part au bois avec les autres habitants qui se tenaient cachés dans la forêt. Alors les 5 ou 6 officiers qui se présentèrent ensuite, afin de réquisitionner pour les camps établis autour du village, ne trouvant personne pour leur répondre, entrent de vive force dans les maisons et prennent tout ce qui leur convient.

Aussitôt arrivé, je prends en main l’administration de la commune, et ce ne fut pas une sinécure pendant huit longs jours. Il n’y avait plus alors ni maire, ni adjoint, ni appariteur, ni garde-champêtre, ni conseillers municipaux, la population masculine était ou au bois ou au convoi.

Samedi 20 août. — Passages continuels d’artillerie, de voitures du train des équipages, et des convois de vivres, réquisitions et petit logement.

Lundi 22 août. — Passage du train des équipages, allemand, ainsi que d’un matériel de pont considérable. Un convoi de plus de 400 voitures réquisitionnées aux environs de Nancy lui fait suite. Sur le soir, le duc de Saxe-Weimar loge chez M. le curé, et chez moi, un général prussien, d’artillerie, qui va le lendemain commander le second bombardement de Toul : le premier avait eu lieu mardi 16. Le lendemain mardi 23 rien de bien intéressant que le bombardement en question…

Vendredi 26 août. — Réquisition d’une voiture pour un régiment qui fait halte près de la Chapelle. Je n’avais aucune voiture sous la main : celles qui étaient de retour des convois avaient été emmenées aussitôt à la forêt. Le colonel me fait appeler et me somme de fournir la voiture requise, dans l’espace d’un quart d’heure, faute de quoi le village va être pillé; et ce n’était pas, je crois, une vaine menace. Heureusement M. Charles Gabriel arrive de Colombey avec un équipage ; je l’expédie immédiatement. Ce moment difficile passé, voyant le danger que nous avions couru, j’envoie aussitôt l’ordre aux habitants, cachés dans la forêt, de rentrer immédiatement avec tout le bétail, ce qui eut lieu avant la nuit. Le soir logement d’un millier de soldats.

Samedi 27 août. — Réquisition de 6 voitures pour conduire des malades à Nancy ; sauf cela, journée assez tranquille ; long convoi sur Vaucouleurs.

Dimanche 28 août. — Journée calme.

Lundi 29 août. — Les bouchers bavarois vont s’installer à Ecrouves.

Mardi 30 août. — Convoi de près de 200 voitures retournant à vide sur Nancy pour prendre un nouveau chargement.

Mercredi 31 août. —Convoi de plus de 400 voitures allant sur Vaucouleurs.

Jeudi 1er septembre. — Ordre de ne chasser ni dans les bois, ni dans les plaines. Des dépêches télégraphiques publiées par les journaux, qui nous arrivent clandestinement des Vosges, nous annoncent des succès prodigieux, mais nous allons avoir sous peu de cruelles déceptions.

Dans la soirée, convoi de 500 à 600 voitures.

Vendredi 2 septembre. — 17 soldats qui retournent sur Nancy me réclament une voiture, à laquelle ils n’ont pas droit ; je refuse de la fournir, ils veulent avoir à boire et entrent chez M. Joslant, où je les accompagne, pour demander du vin. On leur répond qu’il n’y en a point. Ils veulent trouver la cave et pour cela vont du côté de l’écurie. M. Joslant, qui rentre, se met en colère, court à la grange, saisit une fourche en fer et en lance un coup violent, qui heureusement n’atteint pas le sous-officier chef du détachement, assez habile pour se garer à la faveur du chambranle de la porte. Si le sergent avait été atteint que nous serait-il arrivé ?...

Mardi 6 septembre. — Un régiment d’infanterie passe par une pluie torrentielle. Malgré le mauvais temps, les Allemands chantent ; sans doute qu’ils connaissent notre désastre de Sedan, l’empereur, la capture de ce que nous ignorons encore.

Mercredi 7 septembre. — Orage accompagné d’une tempête terrible qui déracine 400 ou 500 arbres dans notre forêt.

Nouveaux passages sur le soir. Rien de nouveau les 8 et 9 septembre.

Samedi 10 septembre. — Sur le soir, arrivée d’un régiment bavarois fort d’environ 1.800 hommes commandé par le colonel comte de Nessebrade, de la famille du célèbre ministre russe. Ils restent ici trois jours ; leur but est de protéger l’attaque de Toul contre les francs-tireurs, dont on craint l’arrivée à la faveur des forêts.

Nous devons subvenir à la subsistance de ces 1.800 hommes. Heureusement que des réquisitions sont envoyées, dans les divers villages (Germiny, Thelod, Goviller, Lalœuf) qui viennent de fournir ici des denrées. Le départ des Bavarois a eu lieu le mardi matin.

A partir de ce moment, et surtout à dater de la reddition de Toul, le 23 septembre, nous sommes assez tranquilles. Sauf le jeudi 15 où l’on vient réquisitionner 3 vaches ou bœufs, et surtout le 18 où l’on vient en demander 10 à choisir parmi les plus belles bêtes du village. Le lendemain dimanche on vient réclamer toutes les voitures de la localité ; on en est quitte en fournissant 6 attelages qui partent le 19.

Jeudi 22 septembre. — Typhus. — Ce jour-là, on constate à Allain le typhus sur les bêtes à cornes ; cette épizootie, qui dure un mois, motive l’abattage de 17 bêtes, qu’on enfouit au fond de Silleul, non loin du Bois-Brûlé. Cette maladie fut amenée par les troupeaux de bœufs allemands. Dès le 17 septembre, 40 de ces bœufs se trouvaient atteints à Colombey de la peste bovine, ils furent immédiatement tués et enfouis. On dit même que près de Nancy on dut en enfouir ainsi plus de 400. La plupart de nos convoyeurs rentrent ce jeudi 22. Trois voitures de prisonniers français passent.

Le bombardement de Toul, ce jour-là est incessant et terrible, la reddition a lieu le lendemain.

Novembre. — Après la reddition de Metz, nous voyons, pendant les fêtes de la Toussaint, passer quantité de nos pauvres soldats français, considérés comme non-combattants, et renvoyés dans leurs foyers. On peut lire sur leurs traits amaigris, les souffrances, les privations qu’ils ont endurées ; ils inspirent une vive compassion. Puis le 6 novembre voici de nouveau l’armée allemande qui passe en rangs serrés. C’est l’armée de Metz allant au secours de celle qui assiège Paris. Ces passages se font pendant quatre jours ; plusieurs convoyeurs d’ici sont requis et suivent les Allemands jusqu’auprès d’Orléans ; quelques-uns assistent au combat de Beaune-la-Rolande.

Décembre. — Le 26 de ce mois, passage d’un petit détachement ; Jean Davouze est arrêté. Des francs-tireurs déguisés passent aussi vers ce moment : ils vont préparer à travers nos forêts un coup de main sur la ligne du chemin de fer du côté de Fontenoy.

Janvier. — Le 22, le coup de main préparé éclate : c’est le pont de Fontenoy qui saute, et pendant trois nuits suivantes nous voyons, d’ici, les lueurs de l’incendie allumé, pour réduire lentement ce malheureux village en cendres. A la suite de cet exploit de nos francs-tireurs, la Lorraine est condamnée à payer 10 millions, et Allain est taxé à 10.000 francs. Déjà, on avait été obligé de payer 1.450 francs pour la flotte et les officiers, sans compter les contributions qu’on devait payer et les réquisitions journalières auxquelles il fallait faire face.

Février. — Le 6 de ce mois, on loge à Allain un détachement d’un millier de soldats, ceux-ci furent d’une insolence, d’une exigence inouïe ; des réclamations contre leurs violences se produisirent de toutes parts ; nous les signalâmes au colonel qui réunit son régiment et fit de violents reproches à ses hommes. Le 20 février, nous reçûmes un nouveau détachement, à peu près de même importance ; mais ce fut le dernier jusqu’à la paix…

Étienne OLRY.

Dans la revue « le Pays Lorrain », 1934.

 

Extrait de la monographie inédite d’Allain (Meurthe-et-Moselle, canton de Colombey), par Etienne OLRY 10 juin 1885 : E. Olry, qui a écrit de nombreux travaux historiques et archéologiques sur la région de Toul, avait composé une monographie d'Allain.